Télémanipulation et robotique

Pierre Marcotte

Génisys groupe conseil inc. et Université de Montréal

Un propulseur d’acrobate robotisé

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L’union possible entre les arts, la science et l’industrie

Pour mettre en valeur la beauté des mouvements des artistes et en assurer la sécurité, Pierre Marcotte, ing., Ph.D., en collaboration avec une entreprise spécialisée en informatique industrielle et des chercheurs, travaille à réaliser un nouvel engin acrobatique susceptible de créer de nouvelles chorégraphies aériennes par impulsion/réception robotisée. L’apport scientifique est majeur et l’enjeu esthétique crucial. Le projet est né du désir actuel du Cirque du Soleil de prendre un plus grand soin de son personnel et d’explorer de nouvelles avenues de concert avec des scientifiques sensibles à la sécurité et à l’esthétisme du mouvement du corps humain. Il tient au pari que le rapprochement de la biomécanique et de la robotique avec les arts de la scène donnera lieu à l’émergence de nouvelles créations artistiques encore insoupçonnées. L’approche utilisée pour réaliser le propulseur est celle de la commande par impédance et repose sur les travaux théoriques de Hogan et all (1985), Hsia et all. (1997) et de Blain (1999), similaire à celle adoptée pour ce simulateur du bras canadien à l’ASC. Une impulsion est généralement le produit combiné de l’action d’un appareil acrobatique et de l’apport en énergie du voltigeur ou d’un autre acrobate (e.g. planche à bascule, balançoire russe, …). Par la motorisation du nouvel engin acrobatique, cet apport ne serait plus requis. Ajoutons la capacité d’amortir la réception de l’acrobate, la relative petite dimension permettant la présence de plusieurs propulseurs sur une même scène, leur synchronisation assurée par ordinateur … du jamais vu !

« Il y a un certain temps que j’y pense… permettez-moi de vous dire ce qui m’habite tant.Imaginons un ballet aérien où évolueraient des artistes qui sont à la fois danseurs et acrobates. J’en rêve depuis que j’ai vu les spectacles de Dragone du Cirque du Soleil et celui du chorégraphe Jiri Kilian en 2003. Depuis c’est une obsession, je crois que l’apport de l’ingénierie et de la biomécanique à la création d’un ballet de forme inédite ne pourrait être qu’un franc succès. Or, je sais bien qu’un projet aussi fou ne peut naître et vivre sans qu’il n’y ait une importante contribution de créateurs artistiques…»
Pierre Marcotte.

Issu du monde de l’ingénierie, Pierre Marcotte ing., Ph.D. a toujours souhaité contribuer au monde des Arts. Désireux qu’une partie du potentiel technologique de nos sociétés occidentales soit d’abord au service du beau et de l’émotion, il est convaincu que cela puisse se réaliser sans pour autant délaisser les impératifs de rentabilité et de marché nécessaires à des projets d’envergure. Passionné de la recherche et du développement, et après avoir innové dans des domaines aussi diverses que le monde neurochirurgical, l’industrie du textile et la biomécanique, il décide en 2002 de passer à l’action. Il joint alors le Cirque du Soleil… son mandat : « fournir un apport technologique au monde du cirque ». Il y consacre tous ses efforts depuis et déjà, a réalisé un prototype à échelle réduite d’un propulseur d’acrobate avec l’aide de la société Génisys groupe conseil. En collaboration avec François Prince, Ph.D. spécialiste en biomécanique du mouvement humain et André Desbiens, Ph.D. spécialiste en commande automatique, il travaille au développement d’une plateforme technologique complète pour la propulsion et la réception du corps humain pour des fins artistiques.