Michel Lemieux

Codirecteur artistique, 4d art

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Résumé de la présentation

Partons de l’idée que l’humain est fondamentalement un être attiré par la scénarisation, tant au plan onirique (dans ses rêves, dans son imaginaire, dans son attraction pour l’absurde), que dans sa vie de tous les jours (dans son environnement qu’il soit privé, professionnel ou public). L’est-il uniquement parce qu’intrinsèquement nos esprits sont des univers virtuels, où bien parce qu’il est bombardé par la virtualité des médias… Quoi qu’il en soit, l’homme aime se faire raconter des histoires. Il l’a bien écrit il y a plusieurs siècles sur les parois des cavernes et il continue aujourd’hui, sur internet, par exemple.

Cet appétit plus ou moins romanesque, n’ouvrirait-il pas la porte à une fuite de la réalité vers la fiction, vers une scénarisation de nos vies dans laquelle la virtualité occuperait de plus en plus de place (télévision, cinéma, téléphone portable, internet, Skype, etc.) Avec un agenda personnel en forme de « storyboard » dans lequel, dans certain cas, nous devenons des personnages désincarnés de séquences à vivre et peut-être à déposer sur Facebook ou sur YouTube. Plus que jamais « The world is a stage » où dans le même esprit qu’un slogan d’iPod « Put a soundtrack to your life » ou encore comme dans une publicité de caméras digitales vue en Asie on nous propose « Live / Relive ».

S’il est vrai qu’on scénarise nos vies, forcément nous les scénographions.

Scénographie de nos environnements immédiats que nous appelons faire de la décoration, de l’aménagement intérieur ou extérieur. Scénographie de nos environnements collectifs que nous appelons de l’architecture (bâtiments) ou de l’urbanisation (villes et villages), dans lesquels tous les immeubles importants sont scénographiés (théâtres, restaurants, hôtels, édifices publics, etc.) pour répondre à des fonctions tant matérielles qu’immatérielles.

Cela semble nouveau, mais cela l’est-il vraiment? Au fil du temps, la définition classique de la scénographie « scénique » s’est enrichie pour englober la conception de dimensions visuelles et spatiales entendues au sens très large. Des milieux et des métiers qui ne sont pas ceux de la stricte scène, architecture, urbanisme, design, etc., ont investit le champ de la scénographie, ses outils (comme l’éclairage, par exemple) et son vocabulaire.

Si nous revenons aux arts de la scène, nous affirmons qu’au-delà des modes de scénographie nettement plus passive, la plupart du temps réaliste et à forte tendance « décorative », les courants actuels tendent à opposer des propositions scénographiques plus actives, plus conceptuelles (comme chez Robert Lepage), souvent plus minimales, plus immersives tant pour les performeurs (pensons au travail de Periodo Villa Villa / De La Guardia) que pour les spectateurs (dans Fuerza Bruta, par exemple), plus virtualisées et au croisement du cinéma et de la scène par l’utilisation de moyens techniques (projections, différents systèmes d’imagerie scénique, etc.) comme Victor Pilon et moi le faisons à 4 D Art.

Ainsi, en décousant le tissu de la réalité, nous permettons à nos pulsions oniriques, d’émerger sur la scène de nos existences.

Biographie

Artiste multidisciplinaire émérite, Michel Lemieux a terminé ses études en production à l’École Nationale de Théâtre du Canada en 1979. Depuis le début de sa carrière, il a marié de façon extraordinaire ses multiples talents de concepteur, de scénographe, de compositeur, de réalisateur et de metteur en scène.

Lemieux est reconnu internationalement pour l’originalité et l’accessibilité de ses créations, alliant les nouvelles technologies aux arts de la scène et aux installations multimédias muséologiques. Son audace et sa grande connaissance des moyens techniques lui ont permis de concevoir bon nombre de spectacles, installations et méga événements extérieurs.

Les plus récents spectacles mixmédias de sa compagnie de recherche artistique lemieux.pilon 4d art sont : NORMAN (hommage à Norman McLaren) (2007), La Tempête (2005), Anima (2002) et Orféo (1998), Pôles (1996) — en collaboration avec PPS Danse — et Grand Hôtel des Étrangers (1994). Ses créations sont présentées internationalement.

En collaboration avec Victor Pilon, Michel Lemieux a aussi créé six spectacles et installations multimédias permanents dans divers musées et lieux touristiques du Québec et du Canada. Depuis 1986, il a également écrit, réalisé ou mis en scène plusieurs courts métrages, vidéoclips, publicités et émissions télévisuelles. Au printemps 2003, avec Pilon, il signait la conception visuelle d’une production télévisuelle de l’œuvre musicale de Gustav Holst, Les Planètes, présentée sur les réseaux anglais et français de Radio-Canada.

Avec Victor Pilon, Lemieux participe régulièrement à la réalisation de grands événements spéciaux dont La Nuit de Montréal (1992), le grand défilé de nuit pour l’ouverture des célébrations du 350e anniversaire de Montréal, Harmonie 2000, le méga spectacle pour les célébrations du nouveau millénaire, et plusieurs autres. En juillet 2004, Lemieux et Pilon assuraient la direction artistique de Soleil de minuit, le spectacle de clôture du Festival International de Jazz de Montréal (FIJM), pour souligner le 20e anniversaire du Cirque du Soleil ainsi que les 25 ans du FIJM. Il a aussi cosigné la mise en scène de DELIRIUM, le premier spectacle du Cirque du Soleil à être présenté dans les stades et les arénas.

En 2008, il faisait, toujours avec Pilon, la mise en scène de Starmania Opéra. Première version opéra de l’oeuvre réputée de Luc Plamondon et Michel Berger.